CONTEXTE ET DESCRIPTION DE LA RÉGION DES GRANDS LACS ET DU SAINT-LAURENT

Le territoire

La région des Grands Lacs et du Saint-Laurent est composée des huit états américains riverains des Grands Lacs, soient l’Illinois, l’Indiana, le Michigan, le Minnesota, New York, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Wisconsin et des provinces canadiennes du Québec et de l’Ontario (cf. carte ci-dessous).

Il s’agit d’un marché commun de plus de 100 millions d’habitants qui correspond à la troisième économie à l’échelle mondiale (5,8 milliards US$ en 2015). Son poids économique surpasse celui de l’Allemagne, de la France, du Brésil et du Royaume-Uni.  La région forme également un écosystème unique qui contient près de 20 % des réserves d’eau douce de la planète, une réalité qui s’exprime par un engagement des élus envers le développement durable comme moteur de croissance économique.

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                    Source: Ministère des ressources naturelles Canada


TERRITOIRE DE LA RÉGION DU SAINT-LAURENT

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                      Source: Ministère des ressources naturelles Canada

 

La situation économique

On y compte quelque 50 millions d’emplois, soit plus de 30 % des emplois totaux du Canada et des États-Unis. Le taux de chômage s’établit à 5,4 % et est en baisse de deux points de pourcentage par rapport à il y a deux ans. [1]

La région compte plusieurs grappes industrielles performantes, notamment dans les domaines de la finance, des industries lourdes (automobiles, sidérurgie, industries chimiques), des technologies d’information et de services et de transformation alimentaire. Ces secteurs comptent aussi d’importantes entreprises qui exportent partout à travers le monde.

La région a été longtemps considérée comme le coeur manufacturier des États-Unis, mais a été grandement affectée par la récession de 2008 et par une tendance vers la diversification dans le long terme de l’économie. Le manufacturier compte maintenant 10 % des emplois totaux,  alors que cette proportion a déjà été de 15 % il y a 10 ans. Il s’agit d’une perte de 1,1 millions d’emplois. Cette diminution a toutefois été compensée par des gains d’emplois dans les secteurs de l’éducation et la santé (+21%), les services professionnels (+17 %). Ces deux derniers secteurs ont ajouté quelque 1,6 millions d’emplois au cours des dix dernières années.

Une carrefour important des échanges commerciaux

La région représente un carrefour important des échanges commerciaux à l’échelle de l’Amérique du Nord. Le quart des exportations de marchandises des États-Unis sont originaires des états de la région, alors qu’en Ontario et au Québec cette proportion représentait 60 %.  Les échanges commerciaux totaux entre le Canada et les États-Unis représentaient quelque 235 milliards US$ en 2015. Ce fort niveau d’échange est dû en bonne partie à la présence d’infrastructures maritimes, d’équipements de transport et la machinerie spécialisée de transport.

Perspectives économiques

Les perspectives pour la région sont très bonnes.  L’économie devrait continuer à croître en 2016 en raison des exportations du secteur manufacturier.  L’Ontario et le Québec profitent aussi de la faiblesse de la monnaie canadienne, d’une croissance américaine plus forte et de l’augmentation de la consommation des ménages de la région. Aussi, la baisse des prix du pétrole dans le long terme devrait contribuer à diminuer les coûts de transport le long des chaînes d’approvisionnement.

On constate toutefois une diminution du poids économique de la région et de la compétitivité de sa base manufacturière par rapport à l’ensemble des États-Unis et du Canada[2]. Les entreprises ont été plus lentes à adopter des nouvelles technologies et à servir de nouveaux segments de marché.  Comme solution à cet affaiblissement de la compétitivité, la collaboration entre les états et provinces membres de la Conférence est essentielle.  Les recommandations suivantes ont été formulées :

  • Effectuer une évaluation de la grappe de l’industrie automobile dans le but de comprendre comment un renforcement des liens de cette grappe peut se traduire en succès économique ;
  • Mettre en place un réseau d’activités liées aux nouvelles technologies de l’eau en explorant leur potentiel pour le développement économique ;
  • Démarrer un groupe d’étude afin de connaître les meilleures pratiques pour le renouvellement et la diversification des grappes industrielles, selon les opportunités de développement ;
  • Créer une Fonds de financement dans le but de supporter la collaboration des réseaux de grappes et l’accroissement de la compétitivité.
  • Produire de façon récurrente un état des lieux afin de suivre l’évolution de la compétitivité de la région.

Les coûts de la main-d’oeuvre demeurent une grande préoccupation pour la région en raison d’une relocalisation de certaines industries, particulièrement le secteur automobile, vers le sud-est des États-Unis et le Mexique. Le secteur automobile du Mexique a doublé depuis la dernière décennie, alors que le secteur automobile américain a changé quelque peu et que le secteur canadien a diminué de 20 %. D’autre part, la croissance de la population reste faible en raison de facteurs cycliques, de la performance économique et du vieillissement de la population.

Impact économique du secteur maritime

La Chambre de commerce Maritime [3] estime que l’activité maritime de la région génère plus de 227 000 emplois au Canada et aux États-Unis, des revenus totaux de 34,6 milliards US$, des revenus fiscaux de quelque 5 milliards US$ aux gouvernements fédéraux et provinciaux, ainsi que 14 milliards US$ en salaires.

D’autrepart, l’industrie maritime de la région soutient plusieurs secteurs industriels. Ces industries maintiennent  447 00 emplois et représentent des revenus de 115 milliards US$. Elles payent aux gouvernements plus de 7 milliards US$ en taxes et impôts. [4] Les dépenses d’infrastructures dans le réseau maritime y font l’objet d’engagements de quelque 1,1 milliards US$ jusqu’en 2018,  en tenant compte des investissements publics et privées.

Pour lire les autres articles sur les Grands et le Saint-Laurent :

Le système maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent: les priorités, les forces et les faiblesses

 

Références :

[1] BMO, Capital Market, CONNECTING ACROSS BORDERS,  A Special Report on the  Great Lakes and St. Lawrence  Regional Economy By Robert Kavcic, Senior Economist – BMO Capital Markets http://www.cglslgp.org/media/1818/2016-cglslgp-bmo-economic-report.pdf

[2] “Clusters and Regional Economies implications for the Great Lakes-St. Lawrence Region.” réalisé par la Harvard Business School a été rendu public en 2015

[3] Chamber of Maritime Commerce, http://www.marinedelivers.com/about-us

[4] Regional Maritime Priorities, http://www.cglslgp.org/media/1578/regional-maritime-priorities.pdf

 

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