2016 LA COP-22 DEUX NOUVEAUX INSTRUMENTS DE FINANCEMENT POUR LE SECTEUR MARITIME

Note : Du même auteur, un article nouvel article du mois d’octobre 2016 sur la révolution verte. Cliquez sur le lien suivant:

À quelques semaines de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques CCNUCC COP-22 de Marrakech au Maroc, du 7 au 18 novembre 2016, de grands gérants d’actifs, fonds de pension et autres investisseurs institutionnels en quête de placements destinés à lutter contre le changement climatique manifestent un vif intérêt pour les projets verts du secteur naval et maritime. L’objectif principal est de développer des partenariats et des alliances en créant de nouvelles approches et de nouveaux outils de gestion en relation avec des domaines en forte croissance comme celui des obligations vertes et le financement participatif (voir figure 1, 2, 3, et 4; table1).

La part réservée au secteur naval et maritime dans le portefeuille d’investissement des investisseurs institutionnels internationaux est encore faible mais le potentiel est prometteur. Le marché des obligations vertes participe déjà à la diversification des flux de capitaux en faveur de la transition énergétique ce qui favorise le financement de projets verts autant dans les pays développés qu’en développement. Pour renforcer la crédibilité de ce marché encore jeune, des initiatives de standardisation devront être engagées dans le cadre de partenariats entre des organismes de certification environnementale comme l’Alliance Verte, Cicero, DNV GL, Enigeo, etc.

Dans le cadre de la COP-22, considéré par les décideurs comme la COP de l’Afrique, celasuppose une évolution des flux financiers mondiaux pour créer des synergies entre atténuation, adaptation, financement, transfert de technologies et renforcement des capacités. Cette manière de voir met en lumière les occasions d’affaires pour les entreprises maritimes, le rôle croissant de nouveaux types de financement ainsi que l’importance de l’aide au développement du Canada, et ce conformément aux recommandations de la rencontre du 7 juillet 2016 à l’ambassade du Canada à Paris sur l’examen de sa politique et du cadre de financement de son aide internationale.

Lancées en 2008 par la Banque Mondiale et la Banque Européenne d’Investissement, les obligations vertes à de faibles taux d’intérêt ont pris de l’ampleur depuis 2014 (voir figure 1). La demande des investisseurs augmentant, le nombre d’émetteurs se multiplient et se diversifient (voir figure 1). La table 1 présente les différents types d’obligations vertes émises depuis 2008 par les États, collectivités locales et régionales et les entreprises et leurs définitions. De ses définitions, sont exclues les obligations avec bons de souscription, les titres convertibles. Elles concernent uniquement les obligations dont les échéances sont d’au moins 18 mois.

Le financement participatif quant à lui, doit sa genèse à la conjonction de trois tendances, qui sont elles-mêmes les fruits d’une innovation technologique Internet couplée à un changement dans les mentalités. En 2013, les plateformes de financement participatifs sont : les États-Unis, 52 % ; le Royaume-Uni, 13 % ; la France, 8 % ;, le Canada, 5%; et les Pays-Bas, 5 %. Le statut d’intermédiaire en financement participatif constitue une véritable brèche dans le monopole bancaire, puisqu’il permet de prêter à des entreprises, une activité jusque-là réservée aux établissements bancaires agréés. En 2016, dépendamment du secteur d’activité, les capitaux levés peuvent varier de quelques milliers de $ à quelques milliards de $, par exemple dans le secteur des énergies renouvelables.

Dans le domaine de la lutte au changement climatique, l’enjeu est le renforcement des capacités à agir dans des modèles collaboratifs et des équilibres de gouvernance et financiers à trouver. Depuis la Conférence de Rio de 1992 sur l’environnement et le développement, les gouvernants sont incapables de s’entendre sur les énergies consommées qui restent à plus de 80% des énergies polluantes; sur des indicateurs de mesure qui comptabilisent uniquement la production marchande sans tenir compte des pollutions et des destructions des ressources naturelles, et sur des centaines de traités de libre-échange qui font la promotion des échanges de biens à travers le monde sans la moindre clause sur le climat.

Par exemple, si l’Afrique dans le secteur maritime ne parvient pas à mobiliser des financements pour satisfaire ses besoins, cela n’est pas dû à une pénurie de capitaux dans l’économie mondialisée mais à un manque de capacité de financement des États et à la perception du marché selon laquelle de tels investissements présentent un risque élevé. Actuellement, les innovations financières comme les obligations vertes et le financement participatif se multiplient et pourraient selon le rapport 2015 de la Commission des Nations Unies pour l’Afrique réduire les coûts de financement, potentiellement jusqu’à 20 % pour les investissements à faible intensité de carbone.

Gilles Couture, Facilitateur de projet

Courriel : gilles.couture@nm-maritime.com

Figure 1

Les Obligations vertes

obligations vertes

trableau-couture

financement psrticipatif

financement participatif2

financement participatif3

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