LA CHAÎNE DE BLOCS MÈNERA-T-ELLE VERS LA RÉVOLUTION MARITIME ?

blockchain

Introduction

Le nom peut sembler bizarre, mais il fait actuellement l’objet de plusieurs discussions dans le secteur de la logistique. La chaîne de blocs serait en passe de révolutionner la gestion des opérations dans plusieurs domaines, notamment celui des transports et de la logistique. Étant donné sa popularité grandissante, plusieurs parlent d’une nouvelle révolution de l’internet.

Napster, et plus tard LimeWire, pionniers des services de partage de fichiers musicaux avaient déjà fait valoir la technologie. Autre exemple, le fameux bitcoin, office de monnaie numérique, s’appuie aussi sur le mode de distribution en pair à pair : les échanges des valeurs sont effectués entre des individus comme c’est le cas pour la monnaie non virtuelle. Selon certains, les avantages d’une chaîne de blocs seraient multiples. Plusieurs grands projets en transport sont en phase expérimentale. Les résultats de ces tests donneront des informations plus précises à ce sujet.

1-Les principales caractéristiques de la chaîne de bloc

La technologie s’appuie sur un système de distribution en pair à pair, ce qui en soit n’est nouveau.  Alors qu’une large part des systèmes informatiques sont construits selon une architecture centralisée de type ‘client-serveur’, le pair à pair distribue directement toutes les données vers tous les membres ou les utilisateurs d’un réseau, éliminant de facto les intermédiaires ou les serveurs. Les différents composants du réseau interagissent, mais sans structure hiérarchique, rendant la gestion de ce réseau autonome. Dans ce système, c’est la duplication des données vers tous les membres du réseau qui fait en sorte que l’information n’a pas besoin d’être centralisée pour être par la suite redistribuée.

Les blocs

La chaîne de blocs n’est en fait qu’une application spécialisée d’un système d’échange en pair à pair auquel sont intégrés des directives ou services à valeur ajoutée : notamment, des services transactionnels ou des « contrats … Lire la suite

LE PLAN DE CONTINUITÉ D’ACTIVITÉS DANS LE SECTEUR MARITIME

Resilience planPlans de continuité des activités

Introduction

Cet article n’est pas un guide pédagogique ni à une méthode scientifique pour réaliser des Plans de continuité d’activités (PCA). Son objectif est plutôt de mettre en évidence des éléments spécifiques au secteur maritime pour l’élaboration d’un PCA.

Le lecteur qui désire obtenir plus d’information sur le sujet peut se référer à plusieurs excellents documents, dont notamment l’un intitulé « Guide pour Réaliser un Plan de Continuité (2013) », réalisé par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN)[1] du Gouvernement de France.

L’article se divise en deux parties. La première section apporte une définition d’un PCA. La deuxième porte sur le secteur maritime comme tel.

 Partie 1

1.1 Qu’est-ce qu’un Plan de continuité d’activités

Un plan de continuité d’activités vise à assurer la reprise et la continuité des activités d’une organisation suite à événement perturbant son fonctionnement normal. Il doit permettre à une organisation de répondre à des obligations d’ordre législatives, réglementaires ou contractuelles ainsi qu’à des impératifs d’ordre économique (risques de perte de marché, survie de l’entreprise, image, etc.) en cas de survenue d’un événement particulier. La gestion de la continuité d’activité prévoit notamment l’identification des menaces potentielles pour une organisation ainsi que l’application d’un cadre pour assurer la résilience de l’organisation.

Ce type de plan est devenu au cours du temps une norme industrielle plutôt qu’une exception en raison des problèmes de sûreté (actes criminels ou actes terroristes) et aussi en raison des problèmes de sécurité d’infrastructures, de l’augmentation du transport de produits dangereux, de risques d’accidents ou d’événements destructeurs sur l’environnement et la santé des citoyens. [2] Presque toutes les entreprises de grande ou de moyenne taille ont actuellement un plan, plus ou moins élaboré, visant à répondre à une situation de force majeure. Beaucoup d’entre elles devraient faire face … Lire la suite

L’AMÉRIQUE MET-ELLE LES ÉNERGIES RENOUVELABLES À LA POUBELLE ?

Éoliennes

Des efforts importants pour réduire les gaz à effet de serre

Depuis plusieurs années, des efforts importants ont été effectués pour la promotion des énergies renouvelables. Non sans difficulté, car dans les faits, le travail s’est avéré ardu et de longue haleine : il aura fallu donner suite aux engagements pris lors du Protocole de Kyoto ainsi qu’aux résultats des « Conférences des Partis » (COP) de la convention-cadre des Nation-Unis sur les changements climatiques. Près de 20 ans ont été nécessaires dans le but de développer une action concertée sur cette question entre les principaux pays du monde.[1]

L’accord de Paris, celui de 2015 (COP21), est historique puisque qu’il engage quelque 195 pays à diminuer les émissions des gaz à effet de serre et à stabiliser le réchauffement climatique dû aux activités humaines en dessous » de 2°C d’ici à 2100. Le principal moyen utilisé est l’élimination graduelle des énergies fossiles, principale source de pollution atmosphérique. On estime que les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) ont atteint près de 49 milliards de tonnes équivalent CO2 en 2010 (dernières données du GIEC), ayant augmenté de 80% entre 1970 et 2010.

La conférence de 2016 à Marrakech est venue conforter les engagements de 2015 en avançant de deux ans l’adoption des modalités. Celle de 2018, qui se tiendra en Pologne, devait être l’occasion pour plusieurs pays, comme le Canada, l’Allemagne, le Mexique et possiblement les États-Unis, de présenter leur plan stratégique.[2] [3]

La volte-face de Trump compromet 20 ans d’effort

Mais l’élection de Donald Trump vient changer la donne et compromet ainsi 20 ans d’effort. Toute entente globale ne peut tenir la route sans la participation de tous les grands blocs économiques que sont les États-Unis, la Chine ou l’Europe. Or, le repli … Lire la suite

Quel est l’impact réel de l’Accord Économique et Commercial Global AECG sur l’industrie maritime ?  

Introduction

Le gouvernement du Canada soutient que l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne donnera aux entreprises canadiennes un accès préférentiel à 500 millions de consommateurs européens et un marché qui affiche un PIB de 18 billions $ (18 milliards $CAN).[1] Selon lui, le commerce bilatéral augmenterait de 20 p. 100 et accroîtrait le PIB du Canada de 12 milliards $ par année.  Ceci reviendrait à créer près de 80 000 nouveaux emplois ou à augmenter le revenu annuel du ménage canadien moyen de 1 000 dollars. [2]

Qu’en est-il de ces prévisions ? Quelles seront les opportunités d’affaires pour les entreprises de transport et du maritime ?

Ce texte met en relation ces dernières données avec les chiffres réels du commerce international du canada avec le reste du monde et l’Union européenne.  Il tente aussi d’estimer l’impact de cet accord sur l’industrie du transport et l’industrie maritime canadienne.

1-Rappel des principales dispositions de l’entente

L’AECG est considéré un accord moderne et innovateur parce qu’il couvre un champ élargi d’activités. Il est en ce sens plus permissif que les autres accords de libre-échange comme par exemple l’Accord général sur le commerce et les services (AGCS) de l’OMC ou l’ALENA.

Les principales dispositions de cet accord sont les suivantes.[3]  Toutes concernent directement ou indirectement le secteur maritime.

1.1 Des règles de non-discrimination pour les secteurs des biens, des services et des marchés publics

Les règles du « traitement national » et celle « la nation la plus favorisée » sont maintenues à la fois pour le secteur des biens et le secteur des services.  La première règle exige que soit accordé un traitement égal entre entreprises étrangères et les entreprises locales. La deuxième règle prévoit que les parties signataires doivent s’engager à accorder entre … Lire la suite

JANVIER 2017 UNE REVUE DE CONJONCTURE DE L’ÉCONOMIE MARITIME

conjoncture 2017

INTRODUCTION

En janvier 2016, nous avions identifié trois tendances pour 2016, soit une volatilité accrue de la demande, 2- la reprise mondiale soutenue mais inégale, 3- la restructuration de l’offre maritime. Le texte présente une analyse de ces tendances pour 2017.

1-LA VOLATILITÉ   DE LA DEMANDE

1.1 Des nouveaux facteurs externes

On constatait pour 2016 une forte variabilité du risque, situation qui contribue à rendre moins prévisible la demande en transport. En 2016, plusieurs facteurs avaient déclenché cette instabilité, notamment les fluctuations de change, le ralentissement de la croissance chinoise, l’affaiblissement des prix du pétrole et les difficultés de reprise de l’économie européenne.

Peu de changements à l’horizon pour 2017, si ce n’est que les reprises américaine et européenne semblent bien enclenchées. Malgré un léger ralentissement du PIB américain au dernier trimestre de 2016, on peut anticiper que le dollar américain se maintiendra dans une position dominante en 2017.  L’impact d’un dollar américain sera de pousser à la hausse les importations américaines.En contrepartie, d’autres évènements externes à l’industrie se sont ajoutés et tiennent plutôt du politique, notamment l’intention de Donald Trump de revoir plusieurs ententes de libre-échanges (ALENA et le partenariat transpacifique), le vote sur le Brexit commandant la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne. L’escalade du protectionnisme pourrait avoir pour effet de miner la reprise économique et aller dans le sens contraire de la reprise américaine.

Dans le secteur du transport maritime, deux évènements marquants ont soulevé des vagues dans l’industrie, soit la faillite d’Hanjin Shipping et l’ouverture du nouveau canal de Panama.

Dans le premier cas, certains estiment qu’il s’agit d’un signe précurseur d’une crise majeure (Gerry Wang, CEO de Seaspan) pour l’industrie[1]. En fait, le cas d’Hanjin n’est pas isolé et d’autres entreprises maritimes sont aussi en difficulté. Les récessions sont … Lire la suite

DÉCEMBRE 2016 QUELLE EST L’UTILITÉ DES PAVILLONS DE COMPLAISANCE ?

pavillons de complaisance

LES PAVILLONS DE COMPLAISANCE DANS LE MONDE

Un pavillon de complaisance est le pavillon d’un navire pour lequel la propriété réelle et le contrôle se situent dans un pays autre que celui du pavillon sous lequel il est immatriculé. [1] Les pavillons de complaisance sont offerts en libre immatriculation dans les pays émetteurs. Pour les propriétaires de ces navires, les avantages sont nombreux, notamment, en matière de fiscalité, de sécurité ou de droit du travail.

Il s’agit d’un phénomène lié à la mondialisation. En 2015, ils représentaient 71 % du tonnage total de la marine marchande. [][2] La flotte mondiale opérait sous 152 pavillons. Trois de ces pavillons, Panama, le Liberia et les Îles Marshall comptaient pour 42,8 % de la capacité totale; soit, 710 millions de tonnes (Mt) et 12 000 drapeaux des quelque 50 000 navires sillonnant les océans.[3]  Panama domine de très loin avec 20,7 % du tonnage mondial avec 343 Mt et 6 745 navires. Suivaient par la suite le Libéria avec 1990 Mt et 2 996 navires, et les Iles Marshall avec 168,6 Mt et 2 345 navires.[4]

Aucun des pays ne figuraient parmi les grands propriétaires. Les véritables et principaux propriétaires sont la Grèce, le Japon, la Chine et l’Allemagne qui comptaient en 2015 une capacité de 864 Mt et 16 752 navires. La Grèce remporte la part du lion avec 308 Mt et 4 252 navires, principalement des vraquiers et des pétroliers. Le Japon venait en second avec 242 Mt et 4135 navires et la Chine avec 190 Mt et 4720 navires. [5]

L’INNEFFICIENCE DU MARCHÉ

Cette disproportion entre les pays d’immatriculation des navires et des pays propriétaires est symptomatique d’un marché qui n’est pas efficient (Market Failure [6]). Les pavillons de complaisance, tout comme les paradis fiscaux, n’ont … Lire la suite

NOVEMBRE 2016 LE TRANSPORT PAR BARGE COMME ALTERNATIVE AU TRANSPORT INTERMODAL

UTILISATION DU TRANSPORT PAR BARGE

Les systèmes de transport par barge sont utilisés depuis longtemps comme alternative au transport terrestre. En plus d’être un moyen de transport concurrentiel au train et aux camions, ils permettent de diminuer considérablement l’empreinte environnementale du transport des marchandises.

On y compte deux grands segments de marché, soit la longue distance et la courte distance.

Le transport longue distance tire avantage des grands cours d’eau, comme le Mississipi, le Rhin, le Danube et le Saint-Laurent en acheminant la marchandise d’un bout à l’autre des continents.

Ce système est concurrentiel par rapport transport par train et par camion, mais sa performance dépend grandement de la qualité des infrastructures sous-jacentes et de l’interconnexion des canaux de navigation. En contrepartie, les barges offrent l’avantage de s’adapter aux différents types de produits transportés et permettent plus de souplesse pour la navigation sur différents cours d’eau. Elles offrent des capacités allant de 350 à 11 000 tonnes de port en lourd et des technologies éprouvées.

Sur de courtes distances, ce type de transport est en croissance et présente des nouvelles possibilités d’utilisation.  Des projets pilotes ont démontré son efficacité, notamment, pour décongestionner les zones d’accès aux sites portuaires de commerce international.

Ainsi, malgré le fort volume d’activités et les retombées économiques qui découlent de activités portuaires, l’accès aux installations reste contraint par la circulation des camions et des trains.  Les allées et les venues des véhicules terrestres posent problème par la pollution du bruit, de l’air et du sol, par la perte de temps liée à la congestion routière. De plus, la congestion des activités portuaires a pour effet de diminuer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement en augmentant les délais de distribution de la marchandise vers les marchés de destination.

Pour résoudre ces problèmes, et faisant contrepoids aux alternatives coûteuses … Lire la suite

Octobre 2016 LA STRATÉGIE MARITIME DES GRANDS LACS ET DU SAINT-LAURENT

Le 15 juin dernier à Detroit, au Michigan, des gouverneurs d’états américains et des premiers ministres des provinces canadiennes rendaient publique la première «stratégie régionale» destinée à lancer le réseau de transport maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Cette stratégie propose une vision intégrée du système maritime des Grands lacs et du Saint-Laurent, préconise une meilleure coordination des décisions entre les différentes juridictions ainsi qu’une meilleure coopération.

On prévoit doubler les échanges maritimes, réduire l’empreinte environnementale du réseau de transport de la région et soutenir son noyau industriel. La stratégie devrait stimuler l’économie régionale de quelque 5 000 milliards US$ et créer des emplois dans toute les régions.

En plus du présent article, le Nouveau Monde Maritime présente trois autres articles résumant la documentation offerte sur le site WEB de la Conférence. Vous pouvez accéder à ces textes en cliquant sur l’ancre suivante :

ARTICLES SUR LA STRATÉGIE DES GRANDS ET DU SAINT-LAURENT

La Conférence 

grands-lacs-images-de-la-conferenceLa Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Conférence) est une organisation nord-américaine  créée en 1983 dans le but d’encourager et de faciliter un développement économique écoresponsable dans cette région. Son action vise notamment la promotion d’ententes de coopération régionales sur des questions d’intérêt commun, notamment la protection et la restauration des Grands Lacs, la gestion de l’eau, le contrôle des espèces invasives, le commerce international, le développement économique, le développement de l’économie maritime et le tourisme.

Le travail de la Conférence concerne tout autant la protection de l’environnement que le développement économique. Notamment, neuf grandes priorités pour restaurer et protéger les Grands Lacs ont été identifiées. En 2009, afin de venir en appui à ces priorités, le président Barack Obama a lancé un programme de restauration pourvu d’un fonds de quelque 2 milliards US$.

Les neuf Lire la suite

2016 LA COP-22 DEUX NOUVEAUX INSTRUMENTS DE FINANCEMENT POUR LE SECTEUR MARITIME

Marrakeck COP22

Note : Du même auteur, un article nouvel article du mois d’octobre 2016 sur la révolution verte. Cliquez sur le lien suivant:

À quelques semaines de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques CCNUCC COP-22 de Marrakech au Maroc, du 7 au 18 novembre 2016, de grands gérants d’actifs, fonds de pension et autres investisseurs institutionnels en quête de placements destinés à lutter contre le changement climatique manifestent un vif intérêt pour les projets verts du secteur naval et maritime. L’objectif principal est de développer des partenariats et des alliances en créant de nouvelles approches et de nouveaux outils de gestion en relation avec des domaines en forte croissance comme celui des obligations vertes et le financement participatif (voir figure 1, 2, 3, et 4; table1).

La part réservée au secteur naval et maritime dans le portefeuille d’investissement des investisseurs institutionnels internationaux est encore faible mais le potentiel est prometteur. Le marché des obligations vertes participe déjà à la diversification des flux de capitaux en faveur de la transition énergétique ce qui favorise le financement de projets verts autant dans les pays développés qu’en développement. Pour renforcer la crédibilité de ce marché encore jeune, des initiatives de standardisation devront être engagées dans le cadre de partenariats entre des organismes de certification environnementale comme l’Alliance Verte, Cicero, DNV GL, Enigeo, etc.

Dans le cadre de la COP-22, considéré par les décideurs comme la COP de l’Afrique, celasuppose une évolution des flux financiers mondiaux pour créer des synergies entre atténuation, adaptation, financement, transfert de technologies et renforcement des capacités. Cette manière de voir met en lumière les occasions d’affaires pour les entreprises maritimes, le rôle croissant de nouveaux types de financement ainsi que l’importance de l’aide … Lire la suite

AOÛT-POUR UNE STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION NAVALE

CHOISIR UNE STRATÉGIE GAGNANTE

Les gouvernements peuvent-ils contribuer au développement de l’industrie de la construction navale sans recourir aux marchés publics ? Dans un contexte nord-américain, peut-on gagner des parts de marchés sur l’Asie qui est devenue maître du monde dans ce domaine ? Cette domination assumée est-elle véritablement infaillible ?
Un rapport rendu public au printemps 2015 par des chercheurs de la National Defense University (Eisenhower school) répond en partie à ces questions. (1) Il conclut à des problèmes de compétitivité de l’industrie américaine par rapport à la concurrence asiatique. Quelques pays d’Asie seulement, dont la Chine, le Japon et la Corée du sud occupent maintenant plus de 80 % des parts de marchés des contrats de construction navale sur le segment commercial.
L’analyse des forces, faiblesses, opportunités et des menaces (SWOT), (2) amène les auteurs à souligner l’importance du budget de la défense nationale afin de compenser les faiblesses de l’industrie américaine sur le segment commercial. Actuellement, cette industrie vit presqu’essentiellement des marchés publics. Elle est centrée sur le militaire, représentait 38,1 milliards $ en 2014, et devrait croître annuellement de 3,9 % par année jusqu’en 2019 pour s’établir à 46 milliards $. À peine 15 % des revenus de l’industrie américaine sont liés à l’exportation.

Une approche discutable

L’une des recommandations phare du rapport est d’assurer la prédictibilité des revenus de l’industrie à travers une stratégie d’achats publics de long terme, à l’instar de ce qui se fait actuellement au Canada. [3] Toutefois, une approche visant uniquement l’utilisation des marchés publics pour des fins de développement économique peut comporter certaines lacunes : celle de faire abdiquer les gouvernements à la mise en place de mesures structurantes pour le développement du marché commercial; celle de dénaturer les objectifs d’une politique publique de la défense nationale au profit d’objectifs … Lire la suite

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