Année : 2017

LA CHAÎNE DE BLOCS MÈNERA-T-ELLE VERS LA RÉVOLUTION MARITIME ?

blockchain

Introduction

Le nom peut sembler bizarre, mais il fait actuellement l’objet de plusieurs discussions dans le secteur de la logistique. La chaîne de blocs serait en passe de révolutionner la gestion des opérations dans plusieurs domaines, notamment celui des transports et de la logistique. Étant donné sa popularité grandissante, plusieurs parlent d’une nouvelle révolution de l’internet.

Napster, et plus tard LimeWire, pionniers des services de partage de fichiers musicaux avaient déjà fait valoir la technologie. Autre exemple, le fameux bitcoin, office de monnaie numérique, s’appuie aussi sur le mode de distribution en pair à pair : les échanges des valeurs sont effectués entre des individus comme c’est le cas pour la monnaie non virtuelle. Selon certains, les avantages d’une chaîne de blocs seraient multiples. Plusieurs grands projets en transport sont en phase expérimentale. Les résultats de ces tests donneront des informations plus précises à ce sujet.

1-Les principales caractéristiques de la chaîne de bloc

La technologie s’appuie sur un système de distribution en pair à pair, ce qui en soit n’est nouveau.  Alors qu’une large part des systèmes informatiques sont construits selon une architecture centralisée de type ‘client-serveur’, le pair à pair distribue directement toutes les données vers tous les membres ou les utilisateurs d’un réseau, éliminant de facto les intermédiaires ou les serveurs. Les différents composants du réseau interagissent, mais sans structure hiérarchique, rendant la gestion de ce réseau autonome. Dans ce système, c’est la duplication des données vers tous les membres du réseau qui fait en sorte que l’information n’a pas besoin d’être centralisée pour être par la suite redistribuée.

Les blocs

La chaîne de blocs n’est en fait qu’une application spécialisée d’un système d’échange en pair à pair auquel sont intégrés des directives ou services à valeur ajoutée : notamment, des services transactionnels ou des « contrats … Lire la suite

LE PLAN DE CONTINUITÉ D’ACTIVITÉS DANS LE SECTEUR MARITIME

Resilience planPlans de continuité des activités

Introduction

Cet article n’est pas un guide pédagogique ni à une méthode scientifique pour réaliser des Plans de continuité d’activités (PCA). Son objectif est plutôt de mettre en évidence des éléments spécifiques au secteur maritime pour l’élaboration d’un PCA.

Le lecteur qui désire obtenir plus d’information sur le sujet peut se référer à plusieurs excellents documents, dont notamment l’un intitulé « Guide pour Réaliser un Plan de Continuité (2013) », réalisé par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN)[1] du Gouvernement de France.

L’article se divise en deux parties. La première section apporte une définition d’un PCA. La deuxième porte sur le secteur maritime comme tel.

 Partie 1

1.1 Qu’est-ce qu’un Plan de continuité d’activités

Un plan de continuité d’activités vise à assurer la reprise et la continuité des activités d’une organisation suite à événement perturbant son fonctionnement normal. Il doit permettre à une organisation de répondre à des obligations d’ordre législatives, réglementaires ou contractuelles ainsi qu’à des impératifs d’ordre économique (risques de perte de marché, survie de l’entreprise, image, etc.) en cas de survenue d’un événement particulier. La gestion de la continuité d’activité prévoit notamment l’identification des menaces potentielles pour une organisation ainsi que l’application d’un cadre pour assurer la résilience de l’organisation.

Ce type de plan est devenu au cours du temps une norme industrielle plutôt qu’une exception en raison des problèmes de sûreté (actes criminels ou actes terroristes) et aussi en raison des problèmes de sécurité d’infrastructures, de l’augmentation du transport de produits dangereux, de risques d’accidents ou d’événements destructeurs sur l’environnement et la santé des citoyens. [2] Presque toutes les entreprises de grande ou de moyenne taille ont actuellement un plan, plus ou moins élaboré, visant à répondre à une situation de force majeure. Beaucoup d’entre elles devraient faire face … Lire la suite

L’AMÉRIQUE MET-ELLE LES ÉNERGIES RENOUVELABLES À LA POUBELLE ?

Éoliennes

Des efforts importants pour réduire les gaz à effet de serre

Depuis plusieurs années, des efforts importants ont été effectués pour la promotion des énergies renouvelables. Non sans difficulté, car dans les faits, le travail s’est avéré ardu et de longue haleine : il aura fallu donner suite aux engagements pris lors du Protocole de Kyoto ainsi qu’aux résultats des « Conférences des Partis » (COP) de la convention-cadre des Nation-Unis sur les changements climatiques. Près de 20 ans ont été nécessaires dans le but de développer une action concertée sur cette question entre les principaux pays du monde.[1]

L’accord de Paris, celui de 2015 (COP21), est historique puisque qu’il engage quelque 195 pays à diminuer les émissions des gaz à effet de serre et à stabiliser le réchauffement climatique dû aux activités humaines en dessous » de 2°C d’ici à 2100. Le principal moyen utilisé est l’élimination graduelle des énergies fossiles, principale source de pollution atmosphérique. On estime que les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) ont atteint près de 49 milliards de tonnes équivalent CO2 en 2010 (dernières données du GIEC), ayant augmenté de 80% entre 1970 et 2010.

La conférence de 2016 à Marrakech est venue conforter les engagements de 2015 en avançant de deux ans l’adoption des modalités. Celle de 2018, qui se tiendra en Pologne, devait être l’occasion pour plusieurs pays, comme le Canada, l’Allemagne, le Mexique et possiblement les États-Unis, de présenter leur plan stratégique.[2] [3]

La volte-face de Trump compromet 20 ans d’effort

Mais l’élection de Donald Trump vient changer la donne et compromet ainsi 20 ans d’effort. Toute entente globale ne peut tenir la route sans la participation de tous les grands blocs économiques que sont les États-Unis, la Chine ou l’Europe. Or, le repli … Lire la suite

Quel est l’impact réel de l’Accord Économique et Commercial Global AECG sur l’industrie maritime ?  

Introduction

Le gouvernement du Canada soutient que l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne donnera aux entreprises canadiennes un accès préférentiel à 500 millions de consommateurs européens et un marché qui affiche un PIB de 18 billions $ (18 milliards $CAN).[1] Selon lui, le commerce bilatéral augmenterait de 20 p. 100 et accroîtrait le PIB du Canada de 12 milliards $ par année.  Ceci reviendrait à créer près de 80 000 nouveaux emplois ou à augmenter le revenu annuel du ménage canadien moyen de 1 000 dollars. [2]

Qu’en est-il de ces prévisions ? Quelles seront les opportunités d’affaires pour les entreprises de transport et du maritime ?

Ce texte met en relation ces dernières données avec les chiffres réels du commerce international du canada avec le reste du monde et l’Union européenne.  Il tente aussi d’estimer l’impact de cet accord sur l’industrie du transport et l’industrie maritime canadienne.

1-Rappel des principales dispositions de l’entente

L’AECG est considéré un accord moderne et innovateur parce qu’il couvre un champ élargi d’activités. Il est en ce sens plus permissif que les autres accords de libre-échange comme par exemple l’Accord général sur le commerce et les services (AGCS) de l’OMC ou l’ALENA.

Les principales dispositions de cet accord sont les suivantes.[3]  Toutes concernent directement ou indirectement le secteur maritime.

1.1 Des règles de non-discrimination pour les secteurs des biens, des services et des marchés publics

Les règles du « traitement national » et celle « la nation la plus favorisée » sont maintenues à la fois pour le secteur des biens et le secteur des services.  La première règle exige que soit accordé un traitement égal entre entreprises étrangères et les entreprises locales. La deuxième règle prévoit que les parties signataires doivent s’engager à accorder entre … Lire la suite

JANVIER 2017 UNE REVUE DE CONJONCTURE DE L’ÉCONOMIE MARITIME

conjoncture 2017

INTRODUCTION

En janvier 2016, nous avions identifié trois tendances pour 2016, soit une volatilité accrue de la demande, 2- la reprise mondiale soutenue mais inégale, 3- la restructuration de l’offre maritime. Le texte présente une analyse de ces tendances pour 2017.

1-LA VOLATILITÉ   DE LA DEMANDE

1.1 Des nouveaux facteurs externes

On constatait pour 2016 une forte variabilité du risque, situation qui contribue à rendre moins prévisible la demande en transport. En 2016, plusieurs facteurs avaient déclenché cette instabilité, notamment les fluctuations de change, le ralentissement de la croissance chinoise, l’affaiblissement des prix du pétrole et les difficultés de reprise de l’économie européenne.

Peu de changements à l’horizon pour 2017, si ce n’est que les reprises américaine et européenne semblent bien enclenchées. Malgré un léger ralentissement du PIB américain au dernier trimestre de 2016, on peut anticiper que le dollar américain se maintiendra dans une position dominante en 2017.  L’impact d’un dollar américain sera de pousser à la hausse les importations américaines.En contrepartie, d’autres évènements externes à l’industrie se sont ajoutés et tiennent plutôt du politique, notamment l’intention de Donald Trump de revoir plusieurs ententes de libre-échanges (ALENA et le partenariat transpacifique), le vote sur le Brexit commandant la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne. L’escalade du protectionnisme pourrait avoir pour effet de miner la reprise économique et aller dans le sens contraire de la reprise américaine.

Dans le secteur du transport maritime, deux évènements marquants ont soulevé des vagues dans l’industrie, soit la faillite d’Hanjin Shipping et l’ouverture du nouveau canal de Panama.

Dans le premier cas, certains estiment qu’il s’agit d’un signe précurseur d’une crise majeure (Gerry Wang, CEO de Seaspan) pour l’industrie[1]. En fait, le cas d’Hanjin n’est pas isolé et d’autres entreprises maritimes sont aussi en difficulté. Les récessions sont … Lire la suite