Mois : octobre 2016

Sur les cinq continents, la révolution verte est en marche dans le secteur maritime  

 Quoi qu’on dise quoi qu’on fasse, la révolution verte est en marche dans le secteur maritime puisqu’en date du 15 septembre, le Port de Los Angeles a émis une première obligation verte de 35.2 millions de $US, à un taux de rendement de 1.9%, échéant en 2040, en relation avec un portefeuille de projets de 201,6 millions de $US. En procédant de cette manière, l’administration portuaire de Los Angeles prévoit faire des économies estimées à près de 2 millions $US sur une base annuelle en terme de coût du capital et coûts des transactions. Le coût du capital est défini ici comme étant le taux d’intérêt, plus l’amortissement et le gain ou la perte résultant de la variation du prix du capital tandis que les coûts des transactions concernent les frais de courtage et autres types de coûts de l’émission d’obligation verte.

Conformément aux normes environnementales Leeds et aux critères de Morningstar-Sustainalytics comme tierce-partie responsable de l’évaluation de l’impact environnemental de l’émission d’obligation verte du Port de Los Angeles, l’objectif principal est la construction d’un nouveau bâtiment pour l’administration portuaire, des logements sociaux et un complexe résidentiel avec marina ; un espace vert de 30 acres doté d’une promenade pour piétons ; une piste cyclable et un parc marin de 190 acres et des projets de recherche et développement dans les domaines de la décontamination de terrain, la logistique portuaire, l’efficacité énergétique, la conversion des navires à essence au gaz naturel liquéfié GN, etc.

Au Québec, des projets viables comme le Carrefour Maritime de Rivière-du-Loup 2017, l’agrandissement du Port de Québec, secteur Beauport, de même que le développement des seize Zones industrialo-portuaires annoncées dans le cadre de la stratégie maritime québécoise ont intérêt à innover dans leur montage financier et à envisager ce nouveau mode de financement. De façon générale, … Lire la suite

Les grands axes de la stratégie maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent

UNE STRATÉGIE QUI VISE À DOUBLER LE COMMERCE MARITIME

La stratégie maritime vise à maintenir et à accroître la compétitivité de la région dans un contexte de croissance de l’industrie mondiale. Elle vise à doubler le commerce maritime soutenu par le Système de Transport Maritime (STM) de la région tout en atténuant les impacts environnementaux et en supportant son développement industriel.  Ceci signifie qu’en plus de stimuler le développement industriel que la stratégie doit voir à réduire les émissions de gaz à effet de serre, éliminer les espèces invasives, diminuer l’érosion côtière et protéger les écosystèmes sensibles. L’accroissement du trafic maritime devrait donc se faire dans une perspective de développement durable.

Le texte qui suit présente les grands axes de cette stratégie ainsi que les mesures qui y sont rattachées. Ces axes sont les suivants :

  1. Accroître l’efficacité du transport maritime et réduire les coûts.
  2. Développer de nouveaux marchés.
  3. Accroître l’activité économique environnante au système de transport.
  4. Obtenir des résultats et gérer l’avenir.

 

1- ACCROÎTRE L’EFFICACITÉ DU TRANSPORT ET RÉDUIRE LES COÛTS

Les écluses

La stratégie prévoit la rénovation de plusieurs  écluses et l’accélération des études coûts/bénéfices pour ces projets. Il est recommandé que l’option de partenariat-public-privé soit analysée et que ce projet de rénovation soit suffisamment financé.

Le transport maritime ne peut être opérationnel dans plusieurs régions des Grands Lacs pendant les mois d’hiver,  mais des investissements stratégiques peuvent contribuer à accroître l’efficacité du système malgré cette difficulté, notamment en optimisant les horaires de maintenance et les délais de réparation.

La stratégie mettrait l’emphase sur les écluses de Soo (Sault) qui permettent aux navires de passer du Lac supérieur aux autres Grands Lacs. Ces écluses sont d’une importance stratégique pour l’acheminement des matières premières aux industries manufacturières de la région, particulièrement pour le secteur de l’acier, et l’approvisionnement … Lire la suite

Le système maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent: les priorités, les forces et les faiblesses

Le système maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Le transport maritime est utilisé dans 90 % du commerce international. Selon la Conférence, il est en croissance rapide et on prévoit qu’il doublera d’ici 2030. Parmi les moteurs de cette croissance on dénote les innovations continues, les projets d’agrandissement des canaux de Panama et de Suez, l’augmentation de la taille et de l’efficacité du transport par conteneur, l’expansion des ports côtiers, les investissements dans les infrastructures dans région de la mer Baltique, à travers l’Europe, en Asie et partout à travers le monde.

Aussi, le système de transport maritime (STM) des Grands et du Saint-Laurent devrait profiter de croissance. Il s’agit du système maritime le plus étendu du monde avec ses 3 680 kilomètres s’étendant entre le Golf du Saint-Laurent jusqu’au cœur du territoire nord-américain.  Au total quelque 100 ports y sont desservis dans huit États limitrophes des Grands Lacs, et en Ontario et au Québec.

Le système d’écluse permet une dénivellation de 180 mètres entre le Lac Supérieur et le niveau d’eau du Saint-Laurent. En raison des conditions hivernales, la section allant du golf et du Saint-Laurent jusqu’à Montréal est ouverte à l’année longue, alors que l’autre partie reste saisonnière. Une flotte de quelque 100 navires a été spécialement conçue pour servir les clientèles. En plus de ses ports, le STM compte aussi d’autres activités inter-reliées dont plusieurs grands chantiers navals pour la construction et la réparation de navires, des activités de logistiques, d’entreposage, de pilotage et de manutention.

Les priorités

En 2013, la conférence rendait public le document « Great Lakes-St.Lawrence Maritime Initiatives »  et adoptait les priorités suivantes concernant le secteur maritime :

  • Assurer la prospérité de la région par la croissance de l’économie et la création d’emplois en utilisant mieux le système maritime des Grands Lacs
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CONTEXTE ET DESCRIPTION DE LA RÉGION DES GRANDS LACS ET DU SAINT-LAURENT

Le territoire

La région des Grands Lacs et du Saint-Laurent est composée des huit états américains riverains des Grands Lacs, soient l’Illinois, l’Indiana, le Michigan, le Minnesota, New York, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Wisconsin et des provinces canadiennes du Québec et de l’Ontario (cf. carte ci-dessous).

Il s’agit d’un marché commun de plus de 100 millions d’habitants qui correspond à la troisième économie à l’échelle mondiale (5,8 milliards US$ en 2015). Son poids économique surpasse celui de l’Allemagne, de la France, du Brésil et du Royaume-Uni.  La région forme également un écosystème unique qui contient près de 20 % des réserves d’eau douce de la planète, une réalité qui s’exprime par un engagement des élus envers le développement durable comme moteur de croissance économique.

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                    Source: Ministère des ressources naturelles Canada


TERRITOIRE DE LA RÉGION DU SAINT-LAURENT

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                      Source: Ministère des ressources naturelles Canada

 

La situation économique

On y compte quelque 50 millions d’emplois, soit plus de 30 % des emplois totaux du Canada et des États-Unis. Le taux de chômage s’établit à 5,4 % et est en baisse de deux points de pourcentage par rapport à il y a deux ans. [1]

La région compte plusieurs grappes industrielles performantes, notamment dans les domaines de la finance, des industries lourdes (automobiles, sidérurgie, industries chimiques), des technologies d’information et de services et de transformation alimentaire. Ces secteurs comptent aussi d’importantes entreprises qui exportent partout à travers le monde.

La région a été longtemps considérée comme le coeur manufacturier des États-Unis, mais a été grandement affectée par la récession de 2008 et par une tendance vers la diversification dans le long terme de l’économie. Le manufacturier compte maintenant 10 % des emplois totaux,  alors que cette proportion a déjà été de 15 % il y a … Lire la suite

Octobre 2016 LA STRATÉGIE MARITIME DES GRANDS LACS ET DU SAINT-LAURENT

Le 15 juin dernier à Detroit, au Michigan, des gouverneurs d’états américains et des premiers ministres des provinces canadiennes rendaient publique la première «stratégie régionale» destinée à lancer le réseau de transport maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Cette stratégie propose une vision intégrée du système maritime des Grands lacs et du Saint-Laurent, préconise une meilleure coordination des décisions entre les différentes juridictions ainsi qu’une meilleure coopération.

On prévoit doubler les échanges maritimes, réduire l’empreinte environnementale du réseau de transport de la région et soutenir son noyau industriel. La stratégie devrait stimuler l’économie régionale de quelque 5 000 milliards US$ et créer des emplois dans toute les régions.

En plus du présent article, le Nouveau Monde Maritime présente trois autres articles résumant la documentation offerte sur le site WEB de la Conférence. Vous pouvez accéder à ces textes en cliquant sur l’ancre suivante :

ARTICLES SUR LA STRATÉGIE DES GRANDS ET DU SAINT-LAURENT

La Conférence 

grands-lacs-images-de-la-conferenceLa Conférence des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Conférence) est une organisation nord-américaine  créée en 1983 dans le but d’encourager et de faciliter un développement économique écoresponsable dans cette région. Son action vise notamment la promotion d’ententes de coopération régionales sur des questions d’intérêt commun, notamment la protection et la restauration des Grands Lacs, la gestion de l’eau, le contrôle des espèces invasives, le commerce international, le développement économique, le développement de l’économie maritime et le tourisme.

Le travail de la Conférence concerne tout autant la protection de l’environnement que le développement économique. Notamment, neuf grandes priorités pour restaurer et protéger les Grands Lacs ont été identifiées. En 2009, afin de venir en appui à ces priorités, le président Barack Obama a lancé un programme de restauration pourvu d’un fonds de quelque 2 milliards US$.

Les neuf Lire la suite