JUIN 2016, SURVOL DE LA CONJONCTURE MARITIME CANADIENNE

En 2015, la baisse de la demande des ressources naturelles a eu un impact considérable sur les volumes de marchandises manutentionnées dans les ports des administrations canadiennes.  On constate un ralentissement des activités dans presque tous les sites portuaires. Mais, cette baisse est toutefois plus prononcée depuis un an.

Dans le but de comprendre les différences et de connaître les causes de ces diminutions, nous présentons une analyse des activités de trois administrations portuaires canadiennes; soit, celles de Vancouver, Montréal et Québec. À cet égard, des indices synthétiques mesurant l’activité portuaire canadienne ont été développés. Ces indices, basés sur les tendances du commerce international de plus de 50  produits transités au Canada (voir annexe de cet article),  reflètent  bien les tendances des manutentions des volumes de l’industrie. Ils pourront être utilisés à des fins comparaisons,  de prévisions et de calculs d’optimisation sous contraintes. Les graphiques qui accompagnent le texte illustrent à la fois des indices obtenus à partir des données réelles dans les rapports annuels des administrations portuaires et les prévisions des indices qui ont été développés.

ANALYSE DES SITUATIONS PORTUAIRES

Le port de Vancouver

Le port de Vancouver métro est le plus grand port au Canada et l’un  des grands exportateurs de charbon, de minerais et de produits du bois. Depuis 2011, les volumes manutentionnés, incluant les produits conteneurisés ont été en forte croissance et sont passés de 122 millions de tonnes métriques (mt) à quelque 138 mt. Ceci en fait le troisième port en importance d’Amérique du nord, après South Louisiana (242 mt), Houston (216 mt). Le port de Vancouver métro se  place même avant New-York (120 mt).

Vancouver est avant tout un port d’exportation, puisque la proportion des volumes manutentionnés destinés à l’exportation est de 80 % par rapport à 20 % pour l’importation.

Parmi les principaux chargements du port de Vancouver ont y retrouve le blé (10,8 mt), des céréales dont le canola (6 mt). On y retrouve aussi de grande quantité de souffre (2,6 mt), de potasse (8,7 mt), de charbon (35 mt) et le pétrole brut (1,96 mt), de produits de la forêt (23 mt).

La baisse qui est indiquée par l’indice, entre 2014 et 2015, s’explique par une diminution des exportations de charbon, du pétrole (baisse de 8 % et 15 %), et du minerai (baisse de 9 %) qui sont  tous des produits exportés vers l’Asie. Pour ce qui des importations, on note peu de changement, sauf une légère baisse des produits chimiques importés.

Le port de Montréal
Montréal a été en progression comonteal-indexnstante depuis 2011. Celui-ci est caractérisé par l’équilibre entre les chargements et les déchargements. Ainsi, la répartition  des volumes de chargements internationaux est de 46 % par rapport aux  déchargements internationaux, soit de 54 %.  Cet équilibre facilite le rechargement et le retour à plein des navires, ce qui peut avoir un impact sur la rentabilité des transporteurs maritimes.

L’activité du port est caractérisée par une augmentation importante des contenus conteneurisés et de marchandises diverses.   On remarque une forte augmentation des volumes manutentionnés des produits pétroliers, soit de 8,5 mt à 9,4 mt. Mentionnons que les données canadiennes indiquent une baisse en valeur monétaire des importations entre 2014 et 2015, soit de 23,8 à 16,7 G$, mais une hausse en volume de 37 mt à 43,2 mt. Selon le port de Montréal, l’augmentation des volumes s’expliquerait par le fait que les clients ont profité des faibles cours du brut pour faire du stockage. La difference entre l’indice et les données réelles du port de Montréal s’explique par cette situation.

Le port de Québec
Le  port de Québec s’assujettit depuis 2012 à une séquebec-indexrie de baisses consécutives des volumes de marchandises manutentionnés. Ce port est surtout spécialisé dans le transbordement du vrac liquide et dans le vrac solide. Il constitue toutefois une plaque tournante importante du commerce maritime international en Amérique du nord.

En 2015, le port de Québec manutentionnait  21 millions de tonnes de vrac solide et liquide, dont 17 % de blé, 17 % de pétrole brut et 21 % de la catégorie ‘Autres produits chimiques’ (voir rapport annuel).

Le port de Québec est le dernier port en eau profonde du Saint-Laurent avant la l’accès à la voie maritime du Saint-Laurent, ce qui permet d’accommoder des navires à fort tirant d’eau, Depuis 2015, une part de ces trafics en transbordement a connu un ralentissement en raison de la chute du prix des commodités (ressources naturelles) à l’échelle mondiale.

On constate un ralentissement de certains trafics de marchandises, principalement ceux reliés à la sidérurgie et à la production d’énergie. Dans le cas de la sidérurgie, le ralentissement de l’économie chinoise reste en cause et a eu pour impact de contracter la demande pour le minerai de fer et ses dérivés. La chute des prix du charbon et des produits pétroliers raffinés  a pour sa part nui considérablement aux exportations.

ANNEXE TECHNIQUE : POUR UN INDICE SYNTHÉTIQUE DE L’ACTIVITÉ MARITIME

Il sera possible à partir des indices d’effectuer des prévisions sur les tendances de l’industrie maritime canadienne et des analyses d’optimisation sous contraintes.  Le texte qui suit donne  la formulation mathématique utilisée pour construire les indices. L’exemple de Vancouver est essentiellement le même que celui des autres sites portuaires canadiens. Au cours des prochaines semaines, les principaux ports canadiens auront leurs propres indices, notamment ceux d’Halifax et de Sept-Iles. Ces indices reflètent les  tendances de croissance du commerce international de plus de 50 produits ou groupes de produits classifiés selon les codes SH.

 

Indice synthétique pour le port de Vancouver Métro

Capture2

α = proportion du volume d’embarquement
(1-α) = proportion du volume de débarquement
i = produit selon la selon la classification SH
n= nombre de produits
vci = proportion en volume d’un produit chargé sur le volume total de chargement
exi= croissance des exportations pour une année donnée d’un produit (SH) par rapport à 2011
vdi= proportion en volume d’un produit déchargé sur le volume total de déchargement
ii= croissance des importations pour une années données d’un produit (SH) par rapport à 2011

Louis Bellemare
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